de Gironde

RETRAITE

Une façon injuste et inefficace de financer des retraites à 75 % du SMIC

18.01.2017 .


18.01.2017 François Hollande avait promis des pensions de retraite à plus de 75 % du SMIC* pour les carrières complètes. En finançant cette mesure par une hausse des cotisations RCO*, non seulement il ne l'atteindra que de façon très provisoire, mais il plombe les faibles revenus, en pleine crise.

Trois scénarios avaient été proposés à l'occasion de la « conférence des retraites agricoles » le 30 novembre dernier, pour financer la revalorisation des petites pensions de retraite à 75 % du SMIC* en 2018 pour les carrières complètes. C'est finalement l'augmentation d'un demi-point des cotisations RCO* (Retraite complémentaire obligatoire) en 2017 et en 2018 qui a été retenue par le gouvernement.
Avec un décret signé le 28 décembre, le ministère a affirmé que cette double hausse de 0,5 point (soit 110 millions d'euros de cotisations supplémentaires) couplée à une contribution de l'État (110 millions d'euros également) devrait permettre d'atteindre la promesse de campagne. Concrètement, dans deux ans, tous les paysans gagnant moins de 17 763 € annuels devront acquitter une cotisation supplémentaire de 1 % de cette assiette minimale, soit 177 € par an. Ceux au dessus paieront également une cotisation supplémentaire de 1 %, mais de ce qu'ils gagnent réellement (soit 200 euros pour 20 000 euros de revenus, 300 euros pour 30 000 euros de revenus etc).

 

L'analyse de la Conf

Quatre années que nous attendions la réalisation de cette promesse du candidat à l'Élysée en 2012 : l'organisation d'une conférence annuelle sur les retraites agricoles. Elle n'aura accouché que d'une réunion le 30 novembre, au contenu lilliputien, qui a fait fuir les deux Ministres de l'Agriculture et des Affaires sociales. Nous avions déjà alerté : le financement de la revalorisation des petites retraites à 75 % du SMIC* par des points de RCO* est un double mauvais choix.
D'une part, revaloriser les retraites par la RCO* acte la volonté d'aller vers un système moins mutualiste et plus injuste (70 % des paysans ont un revenu inférieur à 17 763 €). Le gouvernement fait donc le choix de creuser les disparités entre paysans.
D'autre part, le gouvernement refuse de s'attaquer au fond du problème, à savoir que les paysans acquittent des cotisations indexées sur la valeur SMIC* et reçoivent des pensions indexées sur les prix, le premier indice évoluant plus vite que le second. Ainsi, la situation empire graduellement depuis des décennies et le déficit devient structurel : une réforme doit être faite à chaque nouveau mandat présidentiel pour combler le vide créé par rapport au fameux « 75 % du SMIC* » (pourtant atteint en 2003). Parce qu'elle est attachée à un système basé sur la solidarité, la Confédération paysanne affirme qu'il faut sortir de l'impasse par une réforme en profondeur du dispositif retraite agricole en changeant les indices, en confortant le poids de la retraite de base, en instaurant des cotisations progressives sur le revenu.

Sources : Christian BoiSgontier (dont l'analyse parue dans Campagnes Solidaires n°324, janvier 2017 est limpide), réactualisé par un communiqué de presse du 4 janvier 2017, publié dans Le Réveil Paysan N°105


Crédits photos : @fadear
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