de Gironde

VITICULTURE

Manifestation à Listrac pour la reconnaissance des maladies professionnelles



08.10.2017 La Confédération paysanne était présente dimanche 8 octobre aux côté des associations et syndicats pour marcher pour la reconnaissance des maladies professionnelles liées aux pesticides et pour demander la mise en place d'un programme d'accompagnement technique et financier des viticulteurs pour arrêter les traitements avec des produits CMR*.

Intervention de Dominique Techer pour la Confédération paysannne

Au nom de la Confédération paysanne de Gironde, en tant que syndicat d'agriculteurs, je viens exprimer ici tout notre soutien aux victimes des pesticides, quel que soit leur statut : agriculteurs ou agricultrices, salariés agricoles, riverains. Nous venons dire que l'agriculture que nous portons c'est celle qui est porteuse de vie et pas celle qui est source d'un cortège de maladies et de deuils.

Je voudrais dire, en particulier, à quel point nous sommes affligés par le rôle de la MSA*, Mutualité Sociale Agricole. Cette institution a le devoir de veiller sur la santé des agriculteurs et de leurs salariés. Dans MSA*, il y a la notion de mutualité, de solidarité. Or, que voit-on ? La MSA* paye grassement des avocats, grâce à nos cotisations, pour dénier aux salariés et exploitants agricoles la reconnaissance de leurs maladies professionnelles. Le tout en usant d'études fantaisistes prouvant le caractère anti-cancéreux de l'arsenic, comme dans l'affaire Denis Bibeyran.

Nous pensons en particulier aux malades retraités de l'agriculture qui touchent des pensions misérables et indécentes après des dizaines d'années d'exposition aux produits. La MSA* leur conseille donc de souffrir en silence, de ne pas faire de bruit maintenant qu'ils ne sont plus utiles à la machine économique. Mourrez en silence et sans reconnaissance ! Soyez invisibles, ne gâchez pas le business ! Un jour, il faudra bien que des procès établissent des responsabilités, mais aussi les complicités.

Nous demandons donc, avec tous nos amis, la reconnaissance des maladies professionnelles dues aux pesticides, l'inscription des nouvelles pathologies au tableau des maladies professionnelles.  Nous demandons la fin du calvaire pour les malades, obligés à des démarches invraisemblables alors même qu'ils sont gravement malades.

 

Un plan B pour la sortie des CMR*

Le 9 mars 2016, nous demandions à la Chambre d'agriculture, aux institutions viticoles bordelaises et aux pouvoirs publics, un plan d'urgence pour mettre fin à l'usage des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques dits CMR*. Deux saisons de traitement se sont écoulées sans que rien de sérieux et global ne soit mis en place pour cette fin des CMR*.

Nous demandons un accompagnement technique, économique et financier fort pour cette mutation indispensable de l'agriculture, mutation demandée par la société. L'agriculture ne peut plus rester une affaire privée, où un syndicat agricole, la FNSEA*,  donne sa feuille de route au ministre de l'agriculture. L'agriculture et l'alimentation c'est le problème de toute la société.

Nous demandons aussi que le ministre de l'agriculture revienne sur la fin scandaleuse et incompréhensible des aides à l'agriculture bio, qui est pour le moins une des solutions.

Nous appelons nos collègues des autres syndicats agricoles du département  à se ressaisir. Leurs adhérents et leurs mandants sont des victimes potentielles. Leur devoir de syndicalistes agricoles c'est d'être ici, avec nous.

J'en appelle en particulier aux jeunes agriculteurs : quelle agriculture voulez-vous pour l'avenir ? Pour votre santé ?  Quelle image et quelle considération voulez-vous pour votre métier ?

Pour finir, je dirai que cette marche d'aujourd'hui n'est qu'une étape de plus, dans un combat qui est en train de se structurer en Gironde.

Il continuera malgré les obstacles, malgré la vacance de M. Hulot quand nous lui demandons les chiffres de vente des pesticides en Gironde.

       Il y aura d'autres rendez-vous. A bientôt !


Crédits photos : @lyciawalterimages publication facebook du 08/10/17
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