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11.10.2019

Pour des États Généraux de la viticulture en Gironde !

Bordeaux vit un accident industriel : De mars 2018 à mars 2019, les ventes de vins de Bordeaux ont chuté de 20%: plus d'un million d'hl de 2018 invendus ! Dès cet automne, la Confédération Paysanne de Gironde sonnait l'alarme... Sans réaction ni de l'Interprofession (CIVB), ni de la FDSEA*, ni de la presse locale sur ce sujet ultra-sensible en Gironde.

Il y a 15 ans, un président de l'Interprofession bordelaise, affirmait l'urgence d'industrialiser les vins de Bordeaux. Ses successeurs n'ont pas dévié de cette politique.

A rebours de la soif de naturalité et d'identité des amateurs de vins,la stratégie d'industrialisation a fait de la thermovinification et de l'usage des copeaux, les vecteurs de la « qualité bordelaise ». Ces choix ont rendu la notion deterroir, base de valorisation d'une AOC*, incompréhensible, même pour les vignerons qui auraient pu s'en saisir...
A la clé un produit de plus en plus standardisé, certifié par QualiBordeaux... Et on s'étonne que Bordeaux ne fasse plus rêver!

Quels débouchés pour cette industrie?

Les grandes surfaces, cibles privilégiées d'une politique de commercialisation massive, à bas prix et sans mise en valeur de la singularité du produit, ont participé à la dévalorisation de l'image des vins de Bordeaux. C'est aujourd'hui un marché à bout de souffle.

Le marché chinois aurait pu servir de débouché temporaire à une offre surnuméraire et faciliter une sortie digne pour les viticulteurs en fin de carrière, permettant ainsi de restructurer l'offre bordeaux et de diversifier l'agriculture girondine. Perçu par l'Interprofession comme un marché de masse sur lequel s'engouffrer, son effondrement en cours fait mal, aujourd'hui que des concurrents mieux armés pour ce type de marché l'ont massivement investi.

Un mépris total pour la Bio

Le discours du CIVB a systématiquement visé à marginaliser l 'Agriculture Biologique, noyée dans le  «système de management environnemental».  En parallèle, les traitements Cancérigènes Mutagènes Reprotoxiques ont été, pendant des années,, interdits d'évocation au CIVB. Cette omerta sur les pesticides n'a, bien entendu, rien empêché. L'idée, parfois injustifiée, de vins de Bordeaux, porteurs de résidus issus de traitements dangereux pour la santé, s'est imposée dans le public et contribue à la détérioration de l'image des vins.

L'image d'arrogance sociale, développée par le négoce, sa conception désuète de ce sur quoi se bâtit le prestige d'une marque, revient comme un boomerang sanctionner la filière bordelaise.

Un naufrage déontologique

Cerise sur le gâteau, l'interprofession viticole la plus puissante de France (budget 2019 =35 millions €) s'empêtre dans des affaires de fraudes. La dernière en date (juin 2019) concerne le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, qui représente six mille viticulteurs de Bordeaux et les 24 ODG de l'ensemble des appellations bordelaises. Condamné pour «tromperie», le Tribunal relève un «risque de perte de confiance vis à vis du système des appellations». A l'époque des faits, Hervé Grandeau était, en effet, président de Qualibordeaux, l'instance «indépendante», chargée de contrôler le respect du cahier des charges de la plupart des AOC* bordelaises.

Rester aux commandes quand on est condamné pour fraudes, une tradition bordelaise ?

A l'issue de cet intermède juridique, (il n'y a pas eu appel) Hervé Grandeau a été réélu à la tête de la FGVB ! En avril 2018, c'est un négociant qui était condamné pour avoir transformé des jus d'origine diverse, en diverses appellations bordelaises. Il n'avait pas quitté le bureau du CIVB. Ce négociant avait déjà été condamné pour tromperie en 2005. Mais à cette époque, cette broutille était passée inaperçue. En effet, c'était alors le Président du CIVB*, qui était condamné, pour avoir fraudé. Il n'avait pas démissionné. Seule la Confédération Paysanne s'en était émue.

C'est à ceux là que l'Etat confie les clés de la viticulture bordelaise? Qui peut faire barrage à la débandade en cours? Qui , sinon les vignerons eux-mêmes? Organisons des États Généraux de la viticulture! Reconstruisons notre profession indépendamment de ceux qui la trahissent!

 

Claire Laval, représentante régionale de la Conf' au CESER 33.


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