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GLYPHOSATE : NOS POSITIONS

La Confédération paysanne considère le glyphosate comme un des instruments majeur et structurel du système agricole productiviste et industriel tel qu'il s'est imposé à de nombreu.se.x paysan.ne.s dans les dernières décennies.

Il permet de contrôler à moindre coût des surfaces considérables de céréales ou de limiter nettement les besoins en main-d'œuvre, plus couteuse que l'utilisation de ce produit chimique (notamment pour le désherbage en arboriculture). Il est donc un intrant de premier choix pour des paysan.ne.s qui cherchent à se tirer tant bien que mal un revenu.
Mais il est aussi un poison. Il a des conséquences néfastes pour l'environnement et les ressources naturelles : réduction de la biodiversité, pollution de l'eau (par l'AMPA -acide aminométhylphosphonique- résidu de sa dégradation chimique), etc, entraînant des surcoûts considérables, notamment de dépollution. Les analyse toxico pour la santé humaine sont aussi suffisamment inquiétantes pour justifier son interdiction.

Les polémiques médiatiques entre centre de recherches et instances d'évaluations sont aujourd'hui largement décrédibilisées par les Monsanto papers, et dernièrement le copié collé par BFR (l'agence allemande de sécurité sanitaire - mandaté pour l'avis de l'EFSA) de travaux de Monsanto sans sources ne peuvent qu'inquiéter.

Pour la Confédération paysanne, l'interdiction du glyphosate est donc nécessaire et urgente.

Mais le projet de sortie des pesticides ne se contient pas exclusivement dans l'interdiction des substances.

La fin du glyphosate doit signifier la transformation d'un système agricole à bout de souffle.
 
Les alternatives techniques au glyphosate existent :
- allongement des rotations et diversification des cultures en grandes cultures ; 
- désherbage mécanique de manière générale.
 
Cependant, en grandes cultures, les producteur.rice.s sont soumis à une forte compétition sur le marché mondial et à une volatilité des prix très importante. La France s'est longtemps reposée sur une "compétitivité" liée à des rendements élevées par rapport à d'autres territoires céréaliers dans le monde. Or l'augmentation lente mais constante des rendements dans ces territoire et la baisse des coûts en particulier par l'investissement dans le développement d'infrastructures d'exportation resserrent nettement les écarts. Et ce sont évidemment les paysan.ne.s qui en sont victimes.
 

Pour la Confédération, l'interdiction de cette substance, et d'autres à venir, appelle une transformation économique et politique du modèle agricole. Ces interdictions doivent s'inscrire dans un projet global de sortie des pesticides.

L'accompagnement des paysan.ne.s vers un système sans chimie est indispensable et doit être mis en œuvre dès aujourd'hui (mesures agro-environnementales, rééquilibrage des aides PAC*, etc).

Le soutien de leur activité et donc de leur possibilité à vivre de leur métier sans s'empoisonner doit en outre passer par la fin des accords de libre échange qui encouragent l'abaissement des normes sanitaires et sociales.

 

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