de Gironde

COMMUNIQUE DE PRESSE

L'IMAGE DES VINS DE BORDEAUX DEGRADEE : il est temps de changer de voie

03.02.2016

La Confédération Paysanne de Gironde se félicite de l'émission Cash Investigation qui a confirmé la dangerosité extrême de nombreux pesticides homologués. Elle a confirmé la dissimulation par ces firmes de la mise en danger de la santé des enfants, des riverains et des travailleurs de la terre. Elle a montré l'impunité des firmes productrices de pesticides en Europe, et la complicité des instances nationales et européennes.

Le Ministre de l'Agriculture est pris en flagrant délit de mensonge. Il parle de transparence alors qu'il a refusé de communiquer  les chiffres de consommation de pesticides, qui relèvent du domaine public.
La Confédération Paysanne de Gironde prend acte de la volonté, tout à fait nouvelle, de transparence du ministre Le Foll. Elle va demander la communication des chiffres détaillés de consommation de pesticides en Gironde pour la période partant de 2011 à 2015.

Il y a eu dissimulation organisée, mensonge délibéré de la part des organisations de la filière, l'interprofession CIVB en tête. Le CIVB a utilisé l'argent des vignerons pour enfumer l'opinion : il parle sans fin aux journalistes du recyclage des déchets et de l'impact carbone pour éviter absolument de parler de l'impact des pesticides. Le système de Management Environnemental (SME) a été mis en place comme emballage cosmétique de cette stratégie.

Il faudra prendre la mesure du gâchis énorme d'une interprofession qui a abîmé l'image de Bordeaux, alors qu'elle fait payer de lourdes cotisations censées « promouvoir les appellations de Bordeaux ».

La Confédération paysanne demandera donc la communication des comptes détaillés et complets du CIVB qui relèvent de la même loi sur la communication de données publiques que le Ministre a refusé d'appliquer jusqu'ici.

La politique de vins low-cost menée avec application par le CIVB et le grand Négoce n'a pas laissé d'autre choix à la majorité qu'un mode de production dangereux pour la santé publique.

Résultat : la Gironde est maintenant pointée comme le point extrême de consommation de pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR*). Belle image pour des vins de terroir! La stigmatisation de la viticulture et des vignerons comme des dangers sanitaires ne peut pas continuer sans dégrader gravement et durablement l'image du vin.

Il est temps de changer de voie.

La première chose sera de mettre fin au déni. Les chiffres sont têtus mais le CIVB et la FDSEA* n'ont pas arrêté de nier l'étendue du problème. Ils ont été un frein majeur à la résolution des problèmes.

La seconde serait d'associer formellement et du point de vue des décisions, l'ensemble des publics concernés par l'impact des pesticides (syndicats agricoles mais aussi parents d'élèves, employés agricoles, victimes, etc..). Ce n'est plus seulement l'affaire des agriculteurs. Les viticulteurs ne pourront pas continuer à travailler au milieu de l'hostilité des populations qui les entourent.

L a Confédération paysanne de Gironde, qui représente 25 % des agriculteurs, a été écartée, malgré ses demandes, de toutes les discussions et décisions qui ont suivi l'affaire de Villeneuve (25 enfants aux urgences). Le Préfet de Gironde a concocté avec la seule FDSEA* un arrêté de protection totalement insuffisant. Nous appelons les représentants de l'État à se ressaisir et à se conduire en représentants d'une république non clientélaire.

Enfin, ils serait temps de développer massivement et promouvoir économiquement l'agriculture biologique. Elle est une des solutions majeures à la résolution de cette crise. Il faudrait lui en donner les moyens. Le CIVB l'a explicitement classée comme objectif non prioritaire en avril 2014. On voit le résultat.


Contacts :
Dominique TECHER - Viticulteur bio - Elu à la Chambre d'agriculture départementale - Envoyer un mail - tél: 0609875545
Confédération paysanne DE GIRONDE - - Envoyer un mail - tél: 0556522679
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